Bouffe de cafétéria. Si vous êtes comme moi, à ces trois mots, vous sentez un haut-le-coeur et des images de pâté chinois réchauffé ou de jello vert surmonté de crème fouettée qui vous viennent en tête. C’est pourtant tout le contraire qu’offre Cafeteria de la rue Main à Vancouver: plats élaborés, bon service, ambiance décontractée et raffinée… et prix plutôt élevés. Ce restaurant, à la manière de plusieurs autres du quartier, a un menu minutieusement élaboré comprenant un nombre restreint d’entrées, de plats principaux et de desserts. Et comme tout restaurant vancouverois qui se respecte, on y offre un plat de saumon sauvage et des options végétariennes! Nous étions donc en terrain connu.
Même si le mur du fond est couvert de bouteilles de vin, nous avons opté pour une boisson non alcoolisée pour commencer : notre coup de coeur a été la limonade pétillante (et son pendant exotique au pamplemousse) qui était rafraîchissante sans être trop sucrée. L’endroit est plutôt vide à notre arrivée, mais il s’éveillera un peu au cours du repas sans jamais être bondé. Les gens se sont peut-être cloîtrés après les émeutes de la veille, car on nous jure que c’est rempli tous les soirs et on n’accepte pas les réservations (c’est probablement pourquoi on nous fait poliment sentir que nous retenons des places pour des personnes-en-chemin-qui-arriveront-dans-quelques-minutes-s’il-vous-plaît-laissez-nous-ces-trois-chaises).
La conversation va bon train. Des questions sur les nouveaux ingrédients sont posées à la serveuse qui répondra savamment, des plans stratégiques sont faits, des négociations avec le pèse-personne ont lieu et des décisions déchirantes sont prises : nous commandons finalement. Annick reçoit un morceau de porc en entrée qui lui fait sortir un miam sonore du fond de la gorge pendant que l’une des deux Véronique mange tranquillement sa crème de chou-fleur avec huile de truffe sans trop d’entrain et l’autre déguste ses asperges grillées et fromage burrata (à mi-chemin entre le fromage boconccini et le mascarpone). Une belle découverte mais plutôt lourd pour débuter! Alexandra avait la très impressionnante et vertigineuse salade d’endives, gouda fumé et noix épicées dans son assiette.
On passe au plat principal qui a malheureusement déçu certaines personnes. Le confit de canard était plutôt salé et sec, accompagné de légumes et d’une sauce trop sucrée. Le plat de saumon, lui, a semblé plaire sans toutefois épater. Les raviolis au beurre de truffe ont été un succès par contre.
Sans trop nous presser, on passe au dessert tout en s’étirant, espérant faire de la place dans nos estomacs remplis. Véronique déclare forfait. Trois sabayons au chocolat et un pudding butterscotch sont apportés de la cuisine. Pas mal, mais rien pour finir sur une note exceptionnelle.
Pour 33,50$, nous pouvions choisir 3 plats au menu. Les entrées et desserts sont à 10$ chacun et les plats principaux à 20$. C’est un peu cher payé pour des concoctions qui, aux dires de certaines, présentaient des goûts trop prononcés et manquaient de nuances. Le service n’était pas très chaleureux mais toujours professionnel. La déception nous est arrivée en fin de repas dans un verre à jus : la facture… à partager entre tous les convives sans le détail des articles consommés. S’en est suivie une discussion sur les frustrations de la facture commune et son étiquette. On nous explique que le système de facturation ne permet pas de séparer les factures et qu’une calculatrice est à notre disposition. Tant pis, on dégaine nos téléphones cellulaires et on calcule en rechignant.
Ce fut en somme un bon repas (Grub conserve une meilleure note) et la nourriture y est définitivement plus attrayante et savoureuse que celle servie à la café.
Infos pratiques
2702 Main Street au niveau de la 11ème Avenue
778-317-3783 (On ne prend pas de réservations)
Site web http://cafeteriavancouver.ca/
Texte : Véronique St-Antoine

















